Pourquoi de nouvelles activités ?

Qui a décidé ? Pourquoi ? Quels enjeux ?

Réagir face aux échecs scolaires.

Tous les trois ans le rapport « Programme International pour le Suivi des Acquis » des élèves donne une photographie de l’état des compétences des jeunes de 15 ans dans les pays développés et un nombre croissant de pays associés. Dans le Pisa 2012 (publié en décembre 2013), concernant la France, le niveau baisse un peu en maths. Il s’améliore en compréhension de l’écrit et reste stable en sciences. Mais tout cela cache l’essentiel : le système éducatif français fabrique toujours des élites, mais il produit aussi un nombre croissant d’élèves de plus en plus faibles.

Depuis la mise en place de la semaine de quatre jours en 2008, les écoliers français avaient le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE :

144 jours contre 187 jours en moyenne. Ils subissaient de ce fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Selon les scientifiques spécialistes des rythmes de l’enfant, cette extrême concentration du temps était inadaptée et préjudiciable aux apprentissages. Elle était source de fatigue et de difficultés scolaires.

La réforme des rythmes scolaires devait conduire à mieux répartir les heures de classe sur la semaine,

à alléger la journée de classe et à programmer les séquences d’enseignement à des moments où la faculté de concentration des élèves est la plus grande. Pour cela : Revenir à une semaine de quatre jours et demi, avec une priorité au mercredi matin scolarisé (pour la « semaine anglaise » et le droit de visite des parents séparés) ; Tendre vers un système d’alternance régulière des plages scolaires et des périodes de vacances ; à cet égard, l’alternance dite « 7-2 »,c’est-à-dire sept semaines de classe suivies de deux semaines de vacances fait globalement consensus.

Elle devait s’accompagner d’une prise en charge des élèves jusqu’à 16h30 au moins. En effet il est plus facile de décréter l’emploi du temps idéal des enfants, il est plus difficile de l’articuler avec l’emploi du temps familial ! Seules des activités organisées par les enseignants et se déroulant en groupes restreints d’élèves (Une heure par semaine d’aide aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages, d’ accompagnement du travail personnel des élèves ou d’ activité prévue par le projet d’école) serait directement organisées et financées par l’Éducation Nationale. Pour amorcer cette réforme, l’ État promet une aide à la commune de 50 € par an et par élève pendant deux ans.

La réforme des rythmes scolaires devait dans le même temps conduire les communes à favoriser l’égal accès de tous les enfants aux pratiques culturelles, artistiques, sportives, et aux loisirs éducatifs.

Pour les aider les Caisses d’Allocations Familiales promet, finalement, une aide de 54€ / an par enfant participant à des activités de qualité.

3309135 483d21non rythmesscolaires
3309135 483d21non rythmesscolaires

La municipalité de La Landelle, derrière son Maire, Jacques Ligneul, s’est opposée à la mise en œuvre de cette réforme précipitée,

  • installant la fin de la gratuité du temps passé à l’école (celle-ci était dans le décret laissée au libre choix des communes pour les trois heures allégées par l’Éducation Nationale),
  • inégalitaire (en fonction des moyens, en fonction des communes, seraient proposés, ici de véritables ateliers animés par des professionnels, là des garderies surpeuplées encadrées par des personnels non formés ou, pire, RIEN),
  • ne prenant pas en compte les difficultés des petites communes contraintes par les transports scolaires et devant recruter un encadrement qualifié et compétent pour 45 minutes par jour, avant l’arrivée du car.

Devant l’obstination de l’État il nous a fallu être pragmatiques (les enseignants seraient indisponibles en fin d’après-midi, mais enseigneraient le mercredi-matin )

et aider les familles de notre commune dont l’organisation était bouleversée par le nouvel emploi du temps scolaire, tout en garantissant la sécurité et un accueil de qualité aux enfants.

Pour cela il nous a fallu convaincre le Conseil d’École qu’il nous était moins nuisible de saisir la possibilité d’expérimenter le regroupement des trois heures sans école sur une demi-journée, le vendredi après-midi, plutôt que de « garder » les enfants 45 minutes par jour.

Il nous a fallu également le 3 juin 2014 convaincre le Syndicat Intercommunal que nous pouvions mettre en œuvre un projet éducatif de qualité, sur les moyens mis à disposition par l’État , la CAF, et une participation symbolique des familles valant engagement (10€ pour deux mois), avec l’intervention du personnel déjà recruté, qualifié et compétent, et le recrutement de vacataires dont nous maîtriserions la compétence. 14 familles de La Landelle (50% des enfants de primaire) en ont immédiatement profité, ainsi que 70 enfants du Vauroux et du Coudray-Saint-Germer).

Depuis septembre 2014, les enfants ont donc classe du lundi au vendredi le matin, les lundis, mardis et jeudis de 13h50 à 16h50 .

Ils peuvent être accueillis du lundi au vendredi de 7h00 à 19h00 grâce à l’Accueil de loisirs matins et soirs à La Landelle, grâce à la cantine, grâce au centre aéré et à l’accueil de loisirs du centre social le mercredi après-midi, grâce aux transports organisés par le Conseil Général, et grâce aux NOUVELLES ACTIVITES PERISCOLAIRES mises en place le vendredi après midi.

Certes nous sommes revenus à une semaine scolaire de cinq matinées,

dont le mercredi matin scolarisé ; nous avons pris en charge les élèves jusqu’à 16h50 au moins,

Nous avons favorisé l’égal accès de tous les enfants aux pratiques culturelles, artistiques, sportives, et aux loisirs éducatifs,

le vendredi après-midi avec un encadrement compétent et qualifié … (arts plastiques, multi-sports, chant ou danse …)

NAPfloutée - JPEG - 167.1 ko
NAPfloutée

MAIS nous n’avons pas réussi à à alléger la journée de classe.

Les enfants passent toujours de 27 à 60 heures par semaine en collectivité. Un enfant lassé ("Je n’ai pas sommeil ! J’en ai seulement assez d’être dans la même situation depuis trop longtemps ! …) ,

  • par les exigences de la collectivité (a-t-il bien le compte d’intimité qu’il réclame ?),
  • par les contraintes sociétales (a-t-il bien le compte d’heures familiales et de sommeil nécessaires à son développement ?),

reste un élève stressé, non disponible pour les apprentissages.

La prochaine enquête le mesurera.

Le sujet est difficile.

La question du temps des enfants interroge des sujets sociétaux beaucoup plus larges, à commencer par le temps des parents (et donc l’organisation du travail, les transports, le marché du logement près des bassins d’emploi…), l’insertion des femmes sur le marché du travail, le décalage en zones des vacances de sports d’hiver, les juillettistes et les aoûtiens …

La commune a-t-elle les compétences et les moyens pour répondre à ces obstacles ?